Fabriquer des volets en bois : le tutoriel complet pour des battants durables et sans affaissement

Fabriquer des volets en bois repose sur un assemblage bouveté vissé sur traverses, sans colle.

  • Lames de 22 mm en sapin pour un volet léger.
  • Largeur de 80 à 120 mm pour éviter le tuilage.
  • Bouvetage à rainure de 8 mm contre l’infiltration d’eau.
  • Vissage direct sur traverses, sans colle, pour laisser respirer.
  • Vis inox 5 x 35 mm avec avant-trou au diamètre de la vis.
  • Z doublé sur les battants élancés contre l’affaissement.

Assemblage des lames et vantaux : monter un volet qui tient dans le temps

Un volet qui dure, c’est d’abord un assemblage bien pensé. Avant de sortir la scie, gardez en tête les cinq règles de base qui font la différence entre un battant solide et un volet qui travaille au bout de deux hivers.

  • Lames de 22 mm en sapin : l’épaisseur idéale pour un volet léger.
  • Largeur de 80 à 120 mm : au-delà, le bois tuile et fend.
  • Bouvetage à rainure de 8 mm : chaque lame s’emboîte dans la suivante.
  • Vissage direct sur traverses : pas de colle, pour laisser le bois respirer.
  • Z doublé sur volet haut : deux traverses en Z pour les battants élancés.

Le bouvetage est le geste clé de l’assemblage. Chaque chant de lame reçoit une rainure d’environ 8 mm de large sur 10 mm de profondeur, dans laquelle s’insère la languette de la lame voisine. Ce système empêche l’eau de s’infiltrer entre les lames et laisse le bois travailler sans créer de jour. Pour une épaisseur de lame de 27 mm minimum, comptez un tenon d’environ 9 mm, soit un tiers de l’épaisseur.

Fixer les lames sur les traverses

Une fois les lames bouvetées et alignées, on les immobilise par vissage direct sur les traverses. Aucune colle : le bois doit pouvoir jouer avec les variations d’humidité. Utilisez des vis de 5 x 35 mm, en perçant au préalable un avant-trou avec une mèche du diamètre de la vis pour éviter l’éclatement.

Pensez à fraiser légèrement chaque tête de vis afin qu’elle affleure le bois. Vous éviterez ainsi les accroches lors du ponçage et de la peinture. Un volet mené ainsi reste stable et démontable si une lame doit être remplacée plus tard.

Matériel et outils nécessaires pour fabriquer des volets en bois

fabriquer des volets en bois
Poste Matériel ou outil Spécification chiffrée
Ossature traverses et écharpe Tasseaux sapin 80 x 22 mm
Fixation des traverses en Z Vis inox 5 x 35 mm
Avant-trous Mèche bois Diamètre égal à la vis
Noyage des têtes Frais à noyer Tête noyée dans le tasseau
Débit et rainures Scie sous table, toupie Rainure 8 mm large, 10 mm profond
Pose des pentures Boulons TRCC, écrous, rondelles Indispensables sur bois tendre
Maintien du volet Barre de butée et crochet Butée sur volet droit intérieur

Préparer le bois avant de débiter

Avant toute coupe, vérifiez le taux d’humidité du bois : il doit se situer entre 12 et 15 %. Un bois trop humide travaille après la pose et fait fausser le vantail, un bois trop sec casse au vissage. Pour les lames, retenez une largeur de 80 à 120 mm et une épaisseur minimale de 27 mm si vous n’ajoutez aucun renfort en Z. Le tenon doit représenter environ 1/3 de l’épaisseur, soit 9 mm sur une lame de 27 mm : c’est la limite à ne pas franchir pour rester solide.

Choisir la quincaillerie et l’essence

Côté quincaillerie, prévoyez des boulons TRCC pour fixer les pentures, avec écrous et rondelles si votre bois est tendre. Positionnez les pentures au milieu des traverses haute et basse, en gardant la partie gond à la même distance du bord haut et du bord bas. Vérifiez le serrage des gonds une fois par an : un gond desserré suffit à faire frotter un volet.

Pour l’essence, visez une classe 3 minimum : le chêne reste la référence pour sa dureté, le châtaignier coûte moins cher et ses tanins repoussent les insectes, tandis que le mélèze et le Douglas tiennent très bien dehors sans traitement autoclave.

Pose des pentures et quincaillerie : fixer et régler le volet

Positionnez chaque penture au milieu des traverses haute et basse, pas au bord du volet. La partie gond doit se trouver à égale distance du bord haut et du bord bas : c’est ce qui garantit une rotation régulière et évite que le battant frotte ou grince. Sur un bois tendre, préférez des boulons traversants avec écrous et rondelles plutôt que de simples vis, la fixation tiendra beaucoup mieux dans la durée.

Une fois les gonds en place, contrôlez le serrage au moins une fois par an : un gond qui se desserre suffit à faire pencher le volet et à user la penture prématurément. Installez ensuite la barre de butée sur le volet qui ferme en dernier, côté droit, vissée à l’intérieur. Sur le volet gauche, ajoutez la barre de fermeture avec son crochet, également à l’intérieur, pour bloquer l’ensemble une fois les deux battants rabattus.

N’oubliez pas de poser la quincaillerie après le traitement et la peinture du bois : vous éviterez de peindre les pentures ou de les démonter pour repasser une couche. Un dernier réglage des gonds, et vos volets s’ouvrent et se ferment sans forcer.

Prise de mesures et coupes des lames et traverses

Traçage et dimensions des traverses et de l’écharpe

Commencez par reporter les dimensions de l’ouverture sur un support propre pour y tracer l’emprise exacte du vantail. Prévoyez un jeu de quelques millimètres sur les côtés pour que le bois puisse travailler et pour laisser la place à la barre verticale de fermeture.

Pour les traverses, l’usage courant est de tailler des tasseaux de sapin de 80 x 22 mm. Le traçage se fait à l’équerre et au crayon, en vérifiant l’angle droit à chaque extrémité : une traverse de travers et tout le volet gauchit.

Positionnez ensuite l’écharpe en bas, côté gond, orientée pour reprendre les efforts du poids du vantail. C’est cette disposition qui limite l’affaissement dans le temps, et non la seule présence de renforts décoratifs.

Préparation du bois avant coupe

Ne coupez jamais un bois encore humide : le retrait au séchage provoquerait des jeux irréguliers et fragiliserait les assemblages. Attendez un taux d’humidité de 12 à 15 %, mesuré à l’humidimètre avant toute coupe.

Dégrossissez les lames et rabotez les chants pour obtenir une section régulière. Si vous prévoyez un tenon sur les traverses, sa largeur doit représenter environ 1/3 de l’épaisseur de la lame, soit 9 mm sur une lame de 27 mm. Un tenon plus fin casserait, plus large il fragiliserait la traverse.

Marquez enfin chaque pièce (traverse haute, traverse basse, écharpe, montants) avant le démontage du traçage : au moment de l’assemblage, le repérage évite les inversions et les retouches inutiles.

Finitions : ponçage, traitement et peinture des volets

Le ponçage final est l’étape qui fait la différence entre un volet brut et un volet durable. Passez un grain moyen puis un grain fin sur toutes les faces, dépoussiérez soigneusement les rainures et les chants, puis laissez sécher avant toute application.

Côté protection, trois options s’offrent à vous : la peinture microporeuse haute protection (la plus résistante aux intempéries), la lasure qui nourrit le bois en transparence, ou le vernis pour un rendu plus filmogène. Un saturateur convient très bien pour conserver un aspect naturel mat. Choisissez ensuite votre finition : satinée, brillante ou mate, selon le style de votre façade.

Dernier réflexe essentiel : posez la quincaillerie après le traitement complet, jamais avant. Peinture ou lasure appliquée sur les pentures finirait par les bloquer ou s’écailler au frottement. Une fois le bois bien sec, fixez gonds, barres et crochets sur un support parfaitement protégé.

Écharpe, traverses et montage en Z : éviter l’affaissement

Rôle de l’écharpe et risque d’affaissement sans renfort

Un volet battant en bois subit en permanence deux contraintes : son propre poids qui tire vers le bas et l’humidité qui fait travailler les fibres. Sans renfort, le coin opposé aux pentures (le coin libre, en haut côté poignée) descend lentement. C’est le phénomène d’affaissement : le volet reste ouvert de travers, frotte contre le dormant et ferme mal.

L’écharpe est la pièce diagonale qui relie le bas côté gond au haut côté libre. Elle travaille en contreventement pur : elle reprend les efforts de cisaillement et empêche le parallélogramme de se déformer. C’est le montage en Z classique : deux traverses horizontales (haut et bas) plus l’écharpe diagonale qui les relie.

Retenez ce point : sans montage en Z, l’affaissement est certain à terme. Sur un volet haut, doublez le Z avec une seconde écharpe pour répartir la charge.

Alternatives au montage en Z

Trois solutions existent si vous ne voulez pas d’écharpe apparente ou si vous cherchez un rendu plus sobre :

  • Emboîture des lames : tenon/mortaise sur chants, tenon d’environ 1/3 de l’épaisseur de la lame (soit 9 mm sur 27 mm)
  • Tiges filetées traversantes : renfort acier invisible qui traverse traverses et lames
  • Doubles barres provençales : deux barres horizontales larges, méthode traditionnelle sans diagonale

Ces alternatives demandent plus de précision d’usinage que le simple Z vissé. Pour un premier volet, le montage en Z reste le plus fiable et le plus rapide à réaliser.

Choix de l’essence et lames vs panneau pour vos volets

Le bois que vous choisirez détermine la longévité de vos volets autant que la qualité de votre montage. Pour un usage extérieur, visez une classe 3 minimum, idéalement classe 4, sans traitement autoclave : les essences naturellement durables font mieux le travail sur le long terme.

Essence Résistance et atouts Classe et usage recommandé
Chêne Référence absolue, très dur Classe 4, toutes expositions
Châtaignier Tanins anti-insectes, moins cher Classe 3, façade abritée
Mélèze Imputrescible, stable Classe 3, pose verticale
Douglas Bon rapport solidité/prix Classe 3, volet peint

Lames assemblées ou panneau massif : quel montage choisir

Les lames verticales de 80 à 120 mm de largeur restent la solution la plus courante pour un volet battant traditionnel. Assemblées par bouvetage (rainure et languette), elles absorbent mieux les variations d’humidité qu’un panneau d’un seul bloc. Retenez une épaisseur minimale de 27 mm si vous n’ajoutez pas de renfort en Z : en dessous, le volet travaille trop et se déforme.

Le rôle du tenon dans la solidité de l’assemblage

Si vous optez pour un montage à tenons et mortaises, la règle de proportion est simple : le tenon doit représenter environ 1/3 de l’épaisseur de la lame, soit 9 mm sur 27 mm. Sur une lame plus fine, le tenon devient trop grêle et fragilise tout l’assemblage. C’est un point que beaucoup de débutants négligent, et qui explique pourquoi certains volets bougent dès la deuxième saison.

Panneau ou lames : ce qui change pour l’entretien

Un panneau massif demande un bois parfaitement sec, entre 12 et 15 % d’humidité, faute de quoi il fendra. Les lames assemblées tolèrent mieux les écarts et se réparent plus facilement : une lame abîmée se remplace sans démonter tout le volet.